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LA TRANSFORMATION ÉCOLOGIQUE DES RÉGIONS

Le malaise des concentrations

Ce sont les hommes et les femmes qui font la richesse d’un territoire, et pas la concentration de bureaux, le montant de ses recettes fiscales ou le trafic de son aéroport. Le potentiel humain de nos territoires est trop souvent négligé, gaspillé, épuisé par un modèle de développement qui préfère la concentration et la concurrence à la répartition et la cohérence. Concentration des richesses, concentrations des activités, concentration des pouvoirs, concentration des populations, concentration des problèmes...
Au bout de cette logique, on peut alors constater la désertification progressive de territoires entiers, essentiellement ruraux. Illustration inquiétante, l’apparition de déserts médicaux – les disparités régionales se creusent entre villes et cantons ruraux : l’Ile­de­France attire généralistes et spécialistes, avec 456 médecins pour 100 000 habitants, contre 256 en Picardie. Il en va de même en Provence-­Alpes­Côte d’Azur, avec une densité double de celle de la Picardie pour les spécialistes. Même si ses causes sont plurielles, cette tendance s’inscrit dans une dynamique plus générale de désertification des zones rurales par les pouvoirs publics
Sur les littoraux, la concentration de la population (pérenne et résidents secondaires) et des activités pose ainsi de graves problèmes d'aménagement du territoire (urbanisation incontrôlée, pression foncière, multiplication des réseaux...), de préservation de ce milieu sensible, mais également de mixité sociale avec les populations moins aisées reléguées loin à l’intérieur des terres, ce qui accroît les migrations pendulaires domicile/travail, coûteuses pour les ménages concernés et pour l’environnement.
Ailleurs, dans la région la plus riche d’Europe, l’Ile de France, c’est la concentration des richesses et des pauvretés qui interpelle. Avec 42 000 habitants et La Défense sur son territoire, Puteaux est l’une des villes les plus riches de France – elle dispose d’un budget annuel de fonctionnement de 155 millions d’euros. Sevran est parmi les villes de plus de 50 000 habitants, la ville la plus pauvre de France. Avec une population supérieure de 25% à celle de Puteaux, elle dispose pourtant d’un budget annuel de fonctionnement trois fois plus petit. Pourtant, quand on crée de nouveaux emplois, on les installe à La Défense.
Il est temps de sortir des logiques de ségrégation sociale, de concentration de la précarité ici et des richesses là. Il est temps de sortir de cette logique destructrice de concurrence entre les territoires, qui préfère essayer de drainer l’emploi des régions voisines, plutôt que d’innover en facilitant la création d’emplois dans les secteurs d’avenir.

4 principes inspirent notre action

1. la coopération territoriale : des régions solidaires

Des schémas directeurs régionaux de l’écologie sont nécessaires. Nous sommes favorables  à une forme décentralisée d’organisation écologique des territoires. Le PS comme l'UMP  s'appuient sur un principe de compétition entre les régions, et au sein des régions entre les  différents espaces. Notre écologie suppose la mise en cohérence des politiques publiques  sur le territoire, aux trois échelles européenne, nationale et régionale. Il s'agit ainsi  d'utiliser les outils de la coopération interrégionale et de l’Union européenne, pour mener  des politiques communes avec d’autres régions au lieu d’être en concurrence pour attirer les activités ; et même de bâtir un contre­pouvoir régional face aux politiques nationales de déménagement du territoire.

2. une décentralisation effective : des régions « puissance publique »

Cette coopération suppose que la région soit conçue comme une véritable puissance publique, capable de transformer son territoire et de changer la vie de ses habitants. Pour des raisons culturelles et politiques spécifiques à la France, le processus de décentralisation initié en 1982 à abouti à un empilement d’administrations centralisées. En outre, la réforme territoriale envisagée par le gouvernement Sarkozy n’est qu’une forme sournoise de recentralisation, en particulier en matière fiscale. Nous défendons une décentralisation effective, qui donne aux régions un droit à l’expérimentation et à l’innovation politique. Il s'agit de redonner la possibilité aux citoyen­nes et à leurs élu­es de prendre des initiatives pour imaginer des politiques de proximité et préparer l'avenir, ouvrir des espaces d'initiatives et faire appel à l'intelligence collective.

3. la transparence éthique : des régions exemplaires

Il s’agit d’identifier et mettre en contexte toutes les parties prenantes des politiques publiques, y compris l’environnement, et d’assurer que toutes les responsabilités politiques et économiques soient assumées, et non diluées. Il s’agit de définir collectivement les frontières, les limites, les problématiques, les enjeux et ainsi éviter les collusions, cooptations et le népotisme. Contre l’opacité et la disparition, programmée par le gouvernement, des Chambre régionale des Comptes, il faut un contrôle citoyen sur les comptes et sur l'application du code des marchés publics, notamment soucieuse d'élargir les biens communs (priorité au logiciel libre, études en biens communs). La transparence dans les critères d’attribution des marchés publics, les projets soutenus par des subventions et des co­financements passe par l’accès libre aux documents et par la publicité des débats. Chaque citoyen et chaque citoyenne doit pouvoir être en mesure de demander des comptes.

4. le partage des richesses  : des régions équitables

Parce que les inégalités d’accès aux soins et à l’éducation sont déterminantes dans la qualité de la vie, parce que combattre les inégalités écologiques passe aussi par la réduction des inégalités sociales, la justice sociale est au cœur de notre projet. Parce que la fiscalité est un levier majeur de cette justice sociale, nous voulons agir sur la fiscalité aux niveaux régionale et nationale. Enfin, parce que la valeur d'un individu n'est pas dans sa productivité marchande, nous voulons mettre en place un revenu minimum d'existence.


3 AXES PRIORITAIRES POUR CHANGER DE MODÈLE

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