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ENVIRONNEMENT, SANTÉ, TRANSPORTS – CHANGER DE MODÈLE

C'est à dire répondre aux trois dimensions des urgences écologiques : le dérèglement climatique, l'épuisement des ressources et la dégradation du vivant. C’est aussi combattre l'extension des maladies de civilisation en faisant de la santé et de l’accès aux soins dans tout l’espace régional un objectif politique prioritaire.
Le dérèglement climatique est déjà en marche : nos glaciers sont en recul spectaculaire, les périodes pluvieuses s’allongent, les températures extrêmes comme la canicule de 2003 se font plus fréquentes, les périodes de floraison ou de vendanges avancent nettement. L’épuisement des ressources est un phénomène global qui se traduit dans l’explosions des prix de l’énergie ou de certaines matières premières qui ne sont pas que dues à la spéculation. Enfin, la disparition accélérée de la biodiversité menace les équilibres naturels et à terme pose la question de la survie de l’espèce humaine.
Par ailleurs, nous sommes de plus en plus malades de notre mode de vie : si au Sud on meurt de faim, chez nous on meurt de cancers, de malbouffe, d’hypertension et autres maladies directement liées à un environnement urbain ou rural saturé de pollutions diverses et soumis à un rythme productiviste démentiel. La majorité des cancers sont dus à l’environnement et aux modes de vie, donc réductible par la prévention. Ainsi, en finir avec l'utilisation intensive des pesticides dans le système agricole français permettrait de réduire l'incidence de cancers, mais aussi de maladies de Parkinson, et les problèmes d'infertilité.
De Copenhague à Mexico, 2010 peut devenir le tournant historique où l’humanité commence enfin à se mobiliser pour changer un modèle de développement inégalitaire et destructeur pour l’environnement et les hommes. Ne laissons pas passer l’occasion d’inscrire cette dynamique globale dans l’espace local. A travers leur action sur les transports, leur politique énergétique sur le bâti, la gestion des parcs naturels, ou leurs compétences en matière agricole, les régions disposent de leviers multiples – qui vont s’accroître avec l’application du Grenelle.
L’écologie est devenue un sujet à la mode : la droite en parle mais casse, la gauche ne fait pas et passe, l’extrême ­gauche découvre et déclasse, l’extrême­ droite maltraite et chasse, le MoDem sous­traite et ne peut rien faire.
Europe Ecologie veut faire, sait comment et propose quatre Engagements nationaux :

1. un Plan Anti­-Carbone, pour lutter contre le dérèglement climatique

Il s’agit de faire de la région l’espace stratégique pour mener la lutte contre le dérèglement climatique et la dégradation de l’environnement, en créant dès le lendemain des élections une Vice­-Présidence aux pouvoirs budgétaires transversaux, chargée de coordonner et de mettre en œuvre ce Plan.
Ce plan climat-­territorial renforcé reposera sur deux axes essentiels : réduire les émissions de gaz à effet de serre pour respecter les objectifs d’une réduction de 40% à l’horizon 2020 et adapter le territoire pour limiter l’impact du dérèglement climatique.
Transversal, ce plan concerne l’ensemble de l’activité économique de la région et devra se traduire notamment par le développement du fret ferroviaire, fluvial et maritime, la priorité aux énergies renouvelables, la rénovation thermique de l’habitation, l’introduction de nouvelles normes pour une éco­construction, la réduction des élevages hors­-sol, et une stratégie pour la relocalisation de l’économie régionale.

2. un Plan Santé Solidaire contre les maladies du mode de vie

Maladies cardio­vasculaires, cancers, obésités, diabètes, stress, infertilité, souffrance psychique, pollutions chimiques, les principales causes de mortalité dans nos régions sont très liées à la dégradation de notre environnement et à l’évolution de nos modes de vie.
Dans toute la filière agricole, la région initiera et accompagnera l’évolution vers des pratiques plus respectueuses des agriculteurs et des consommateurs – en particulier dans la restauration scolaire dont la région garantit l’approvisionnement, et dans l’usage des produits chimiques. De même les mesures prises en faveur des transports en commun, de la relocalisation de l’emploi ou dans la lutte contre les nuisances sonores permettront de réduire l’impact des maladies physiques et psychiques liées au stress comme l’hypertension artérielle, les angines de poitrine, certains ulcères, les insomnies, anxiétés, migraines, etc. Enfin la prévention, les soins et l’environnement étant indissolublement liés à l’action régionale, nous initierons les bases d’un nouveau partenariat réunissant usagers, élus territoriaux et professionnels de la santé pour qu’à l’avenir les nouvelles Agences Régionales de Santé soient vraiment indépendantes des laboratoires pharmaceutiques et associent la totalité des acteurs et actrices de la santé : usager­es, associations, personnels du secteur social, économique et sanitaire, pour privilégier les politiques de prévention et la réduction des inégalités, en particulier dans l’accès au soin.

3. Un double objectif contractuel 100% du territoire national couvert par des transports collectifs et le rapprochement travail­-habitat

Une toute petite minorité de nos déplacements concerne nos trajets liés au travail. En revanche, ils sont une source majeure de pollution au dioxide de carbone et constituent une dépense énergétique considérable. Le droit au déplacement, en particulier des personnes handicapées, doit être garanti, par les aménagements adéquats et des politiques tarifaires équitables. La réussite en milieu urbain tient à une offre de qualité avec fréquence, amplitude (tôt le matin et tard le soir), confort, couloirs réservés pour les bus, interconnexion (pas d’attente supérieure à 30mn), une information fiable avec des horaires lisibles.
Nous proposerons de développer des Centrales de mobilité à partir les gares, c'est­à­dire une offre de vélos et autos partagés ou en location, le covoiturage, les taxis collectifs, des transports à la demande pour desservir les zones rurales les moins denses.
Le développement de pistes, voies cyclables, parcs à vélos protégés, est aussi une priorité pour allier santé et déplacements non polluants. Enfin, nous organiserons dans chaque région des Concertations de la mobilité avec les représentants des voyageurs, les syndicats, les élus, les entreprises, pour élaborer en commun double objectif contractuel prenant en compte les spécificités de chaque situation.

4. Un engagement Nature urbaine et rurale

La préservation de la biodiversité et la protection de l’environnement concernent les espaces ruraux autant que les espaces urbains. Des Observatoires régionaux de la biodiversité seront créés avec l’ambition de mener une véritable politique de formation écocitoyenne aux questions liées à la nature, à destination des élu­es et du public : aspects sociologiques, coûts et bénéfices économiques, obligations et possibilités réglementaires, etc.
Par ailleurs, les régions agiront pour restaurer la nature en ville et ses fonctions multiples : anti­ruissellement, énergétique, thermique, sanitaire (eau, air, bruit, déchets), prévention de l’usage de produits chimiques, mais aussi esthétique. A la périphérie des villes, la préservation de la biodiversité et du cadre de vie nécessite de soutenir l’agriculture péri­
urbaine par des politiques actives de préservation du foncier agricole : les espaces dédiés à une agriculture de proximité, qui commercialise en direct, seront soutenus. Il s’agit de réinventer des ceintures maraîchères autour des villes, permettant de garder des espaces ouverts échappant à l’étalement urbain.
Par ailleurs, les trames verte et bleue – politiques cohérentes de préservation de la nature – pilotées localement en association avec les collectivités locales et en concertation avec les acteurs et actrices de terrain seront considérées par l’exécutif régional comme opposables aux grandes infrastructures. Les régions fixeront aussi aux Plans locaux d’urbanisme (PLU) des objectifs chiffrés de lutte contre la régression des surfaces agricoles et naturelles.
Elles chercheront à engager systématiquement les autres collectivités locales et les établissements publics sur la gestion écologique des espaces verts publics, avec un objectif à terme de 0 pesticides.
Enfin, les régions seront toutes pourvues de Parcs Naturels Régionaux qui sont de leur compétence directe.

Europe Ecosystème

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