ECONOMIE, EMPLOI, FORMATION : CHANGER DE MODÈLE
Ce changement fondamental de modèle suppose la mobilisation des forces vives de l’économie marchande. Il ne s’agit plus de s’adapter une fois les changements survenus, mais d’anticiper. Anticiper l’épuisement, donc l’explosion des prix, de nombreuses matières premières et surtout de l’énergie. Anticiper les nouveaux besoins, les nouveaux défis. Cette transformation écologique repose ainsi sur trois grands axes :
1. la reconversion des secteurs menacés par l’essoufflement de notre modèle actuel (tout automobile, pétrole, chimie, etc.). Cette reconversion suppose évidemment un effort prioritaire en matière de formation professionnelle, et un effort budgétaire significatif, pour financer le revenu de transformation des milliers de travailleurs de ces secteurs, et les accompagner dans la transition vers d'autres emplois industriels ou tertiaires. La reconversion suppose de prendre la mesure des possibilités qu’offre l’économie du savoir avec le développement d’activités immatérielles qui reposent sur de nouvelles formes de travail, d’organisation et de production et peuvent permettre à l’échelle locale, régionale et nationale l’initiative économique et l’innovation.
2. la transition de notre modèle économique vers un autre modèle de développement plus sobre en énergie, plus respectueux de l’environnement et des hommes. C'est par exemple l'évolution de la construction classique à l’écoconstruction, permettant de réduire considérablement la facture énergétique des ménages. C'est reconnaître les limites d'un agrobusiness dépassé, qui épuise la terre, empoisonne les agriculteurs à coups de pesticides, et les appauvrit à coup de surproduction intensive, sans jamais profiter aux consommateurs, pour passer à une agriculture biologique, durable et de proximité. C'est dans le secteur de la pêche, l'adaptation indispensable des pratiques pour préserver la ressource en voie d'épuisement (déjà mises en place pour la coquille st jacques, la langoustine, le bar de ligne). C'est dans le domaine touristique, mettre fin aux équipements lourds, surdimensionnés pour une utilisation un mois dans l'année : ports de plaisance qui bétonnent les côtes pour des bateaux qui naviguent peu, projets immobiliers spéculatifs qui défigurent les paysages, canons à neige qui appauvrissent les ressources en eau pour maintenir sous perfusion des stations ouvertes quelques semaines par an. Des activités de tourisme durable, génératrices d'emplois permanents et localisés, respectueuses des écosystèmes, peu dévoreuses d'espace, ouvertes toute l'année existent déjà et doivent être encouragées (gîtes ruraux, chambres et tables d'hôte, centres de voile, randonnées nautiques ou en montagne...). C'est aussi le développement de l'économie sociale et solidaire (15% de l’économie actuelle) et d'un secteur nonmarchand créateur de lien social, et le développement de la responsabilité sociale et économique des entreprises pour sortir des logiques déshumanisantes du toutmarchand et de la pression concurrentielle.
3. la relocalisation de l’économie. L’économie de demain est une économie de proximité. La crevette qui fait le tour du monde, le yaourt qui fait le tour d’Europe avant d’arriver dans nos assiettes, c’est absurdement coûteux – et de toute façon condamné à terme par l’explosion programmée des prix de l’énergie. Il s'agit plutôt de privilégier les réponses aux besoins du territoire. Cette relocalisation passe d'une part par une politique de soutien à la demande, par les commandes publiques, par le conditionnement des subventions, et éventuellement le développement de monnaies locales. Et d'autre part par une politique de l’offre, c'est à dire les infrastructures et les équipements nécessaires à la consommation locale, comme par exemple, le conditionnement des productions agricoles qui permettent de consommer toute l’année les produits locaux, ou le développement d'une filière bio complète, du foncier au menu des cantines scolaires dont la région gère l'approvisionnement.
De l’économie toutmarchand à la croissance du tierssecteur, du quantitatif au qualitatif, la transformation écologique de l’économie régionale permet de répondre aux urgences écologiques et sociales, d’engager la construction d'un autre modèle de développement, avec à la clef la création de milliers d’emplois verts et nondélocalisables. Elle se traduit par quatre grandes mesures.
A. Des Contrats de conversion écologique et sociale des territoires pour créer 700 000 emplois durables et non-délocalisables
La transformation écologique de l'économie au niveau industriel, agricole et tertiaire suppose de penser la conversion des filières au niveau du bassin d’emploi et de vie régional.
Nous lancerons une série de grandes conventions régionales pour élaborer en commun des contrats de conversion écologique entre la région et les acteurs de chaque filière (entreprises, syndicats, consommateurs, élus...). Ces contrats s'appuieront sur la formation professionnelle, l'apprentissage, l'enseignement supérieur, la recherche et le financement garanti d'un revenu de transformation pour accompagner et protéger les salariées dans l'évolution vers un autre modèle de production. Nous estimons que cela pourrait créer environ 200 000 emplois dans les écoindustries (écotechnologies, nouvelles énergies, écomatériaux...), 400 000 dans le logement et les transports collectifs et 100 000 emplois issus dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (services à la personne, commerce équitable, insertion).
La région proposera aussi de soumettre les aides et les subventions régionales aux entreprises, à une conditionnalité écologique et sociale tournée vers l’adoption et le respect de ces contrats de conversion écologique et sociale. Ces contrats pourront ainsi comporter par exemple, des engagements en matière de déconcentration des pôles d’activité, en matière de transports collectifs des employés, en matière de sobriété énergétique ou de maîtrise de l’empreinte carbone, de diminution des produits toxiques et des déchets. Elle mettra en place enfin un plan régional de développement de l’agriculture biologique pour arriver à produire 100% de notre consommation nationale, et un plan régional industriel de relocalisation. Le développement des nouvelles technologies permet une relocalisation de la production, voir une autoproduction. La Région doit aider à l'émergence de ces secteurs et le soutien à des communautés inhérentes à cette forme de production.
B. Un Pass-Formation universel
La politique de formation est centrale en tant que compétence majeure des régions et en tant que secteur stratégique pour la transformation de l’économie et la perspective de créer des milliers d’emplois verts et nondélocalisables : une politique intelligente et ambitieuse doit aussi insister sur la formation des formateurs, en particulier en matière d’écoproduction et d’écoconstruction.
Nous proposons de créer un PassFormation, qui permettra de rendre la formation plus accessible à toutes et tous, et pour toute la durée de la vie. Il s'agira d'une part d'un crédit d’heures de formation sur six ans, sur catalogue dans toutes les disciplines, et d'autre part d'une offre enrichie par des programmes d'écoformation (construction, ingénierie, agriculture, technologies) et des besoins émergents (services à la personne, conseil aux entreprises).
Nous mettrons aussi en place des Contrats de Sécurité EmploiFormation garantissant la pérennité des droits tout au long de la vie, en priorité pour les employés, cadres ou ouvriers, des secteurs les plus directement concernés par la crise de notre modèle industriel, comme l’automobile. Ces contrats devront apporter la garantie d’un Revenu de Transformation co
financé en partenariat entre la région et les entreprises volontaires.
Les régions s’engageront à réduire la fracture existant en termes d’éducation entre les zones riches et les zones défavorisées et soutiendront les initiatives de mutualisation des savoirs et contenus de formation rendus accessibles à tous et encouragera leur mise en biens communs. Elles combattront de même la fracture numérique autant par l'accès accompagné et le soutien aux usages, que par l'investissement dans les infrastructures.
Les régions seront attentives à permettre aux innovations durables issues de la recherche de devenir des activités significatives et pérennes en assurant des prêts spécifiques ou de prises de participation dans les sociétés.
C. Un Pacte de solidarité rurale et urbaine d'habitat écologique
Le logement est indispensable à la construction d'un projet de vie et à l'équilibre de chacun. Ce n'est pas un produit comme les autres. Ce pacte visera à gagner la bataille du logement social et à favoriser les formes d'habitat écologique, diversifié et participatif.
Dans toutes les régions urbaines où la crise du logement se fait le plus sentir, nous voulons arriver à un Objectif de zéro logements vides. Le logement doit devenir une véritable priorité de l'action régionale. Nous réunirons l'ensemble des partenaires de la politique du logement pour parvenir à un objectif d'élimination de la vacance des logements. En outre ce pacte fixera des objectifs chiffrés selon les régions pour la réhabilitation/isolation des afin de lutter contre la précarité énergétique et diviser les charges par deux ; pour augmenter le nombre de logements étudiants et saisonniers ; et pour augmenter la production de logements sociaux.
D. une nouvelle donne financière
Par son rôle dans l’impulsion de nouvelles perspectives économiques, la région doit devenir l’interlocuteur incontournable des chefs d'entreprises locaux. Pour cela nous proposerons que les régions se dotent de banques régionales d'investissement en lien direct avec la Banque européenne d'investissement, pour peser positivement sur les investissements industriels nécessaires à cette reconversion.
De même, la région peut devenir un acteur de la lutte globale contre l’ultrafinanciarisation de l’économie, le système de bulles spéculatives et contre les paradis fiscaux. Pour en finir avec les cartels bancaires qui étouffent les finances régionales, pour contribuer à l’asphyxie des paradis fiscaux, pour offrir des marges de manœuvre aux exécutifs régionaux, cette nouvelle donne financière signifie principalement : la suspension de la coopération avec les établissements qui maintiennent leur présence dans des paradis fiscaux et une renégociation d’ensemble des contrats financiers de chaque région, en particulier pour alléger le service de la dette.




































taxe carbone
Comptabilité Carbone
Il convient de prendre en compte la dynamique en place et de l'orienter sans lui faire perdre sa dynamique. Agir sur les règles comptables des entreprises est une piste porteuse. Inclure dans le plan comptable national le coût réel du traitement des emballages et du transport carboné des marchandises permet sous dix ans une réorientation de toute l'économie vers un relocalisation des production sans casser la dynamique actuelle.
Il s'agit d'une mesure nationale à exploiter d'or et déjà dans le cadre des régionales au niveau de l'aide économique aux entreprises.
pour plus de renseignement me contacter.
Eric Bélistan (liste 06)