CITOYENNETÉ, SOLIDARITÉS, QUALITÉ DE VIE : CHANGER DE MODÈLE
Notre ambition est de faire de la région un espace garant de l’autonomie et l’émancipation individuelle de tous les citoyennes. Contre l’anonymat général et le chacun pour soi néolibéral, contre l’ignorance et la méfiance réciproques, contre la domination de quelques uns ou quelques groupes sur les autres, il est temps de traduire dans la réalité des territoires notre projet de société vraiment solidaire, soucieux des libertés de tous et respectueux des identités de chacun.
De même, l’innovation, la création, la connaissance, les savoirs, les arts, la santé et l’éducation ne peuvent pas être considérés et traités comme des marchandises et la région doit s’attacher à être le premier soutien à ces activités essentielles. Entre secteur classique et économie sociale et solidaire, ces activités sont des garanties essentielles pour la qualité de la vie de toutes et tous. Les politiques régionales supposent ainsi une attention toute particulière aux personnes âgées et à celles en situation de dépendance. L’action de santé dans ces domaines, notamment dans l’aide à domicile et les soutiens aux professions des « aidants » sont autant de priorités.
Nous voulons faire des politiques régionales le fer de lance d’une nouvelle forme de démocratie de proximité et de solidarité, à un échelon intermédiaire très pertinent, entre conseil de quartier et parlement national.
Il s’agit donc premièrement de renforcer le rôle politique de la région, au niveau national comme au niveau local. En particulier nous défendrons la clause de compétence générale qui est actuellement menacée par la réforme territoriale envisagée par le gouvernement, car c’est cette clause qui permet de faire de la région un espace d’imagination politique et d’innovation sociale. Il s’agit aussi de faire de l’exécutif régional un lieu paritaire de représentation de toute la diversité de la société.
Il revient enfin à la région de poser les termes d’un débat général et dépassionné sur les droits de tous à une forme sécurité, lutter contre l’insécurité sociale et la méfiance réciproque. C’est enfin repenser son rôle international en particulier avec les pays d’origine des populations immigrées qu’elle accueille, mais aussi son insertion dans l’espace européen et au-delà.
Quatre grandes mesures
9. Construire une citoyenneté régionale, vibrante et apaisée
Au niveau régional, les politiques publiques peuvent être élaborées par les élues et une réelle participation citoyenne. Gouverner autrement, de façon transparente et solidaire, signifie ouvrir largement l’institution régionale sur la société et renforcer les corps intermédiaires : associations, syndicats, mouvements citoyens.
Considérant la région comme une « puissance publique », nous voulons aussi mettre en place un parlementarisme régional. Nous proposerons de mettre en débat public les politiques régionales, en rendant compte de l’action des élues, en développant les outils d’un contrôle citoyen sur les grands services publics, en facilitant la transparence et l’accès aux informations et aux expertises et en soutenant partout les pratiques participatives.
Nous créerons dans chaque région un Pôle Justice Régional. Composé d'avocats et éventuellement de magistrats en retraite, ce pôle sera chargé de faciliter l'accès aux droits, aux documents, pour des usagers du service public, des associations (discriminations, santé, logement) et aussi permettre à la Région de déposer des plaintes, voire de mener des audits, en évitant les lourds frais de contentieux liés aux cabinets privés.
En matière de lutte contre les discriminations, la région doit s’engager de la même manière sur tous les motifs reconnus de discrimination et être particulièrement vigilante aux questions de discriminations croisées. L’homophobie, la lesbophobie, la transphobie et la discrimination liée à l’état de santé doivent être combattus au même titre que le racisme et le sexisme. Nous soutiendrons et accompagnerons le travail de sensibilisation et de pédagogie mené actuellement par de nombreuses associations, notamment en direction des jeunes scolarisés ou en apprentissage. Afin que chacun et chacune puisse faire valoir ses droits, la Région mettra en place des points d’information sur les discriminations couvrant l’ensemble de son territoire. Fixes ou mobiles, ils serviront de point d’accès au droit pour les personnes subissant des discriminations. Enfin, la région devra être exemplaire en matière de gestion inclusive et nondiscriminatoire des ressources humaines relevant de sa compétence : même droits pour tous les couples, accompagnement des personnes suivant un traitement médical, nomination d’un médiateur contre le harcèlement et les discriminations.
10. Des Conventions de Coopération solidaire avec le Sud
Les pays les plus pauvres du sud cumulent le poids de la dette extérieur, le pillage de leurs richesses, le manque à gagner dû aux paradis fiscaux, et sont ceux qui subissent le plus les conséquences du dérèglement climatique. Nous voulons que la coopération au développement se fasse désormais en en incluant toutes les parties prenantes. Aujourd'hui, on constate que l'envoi de l'épargne des personnes immigrées est supérieur aux différentes aides publiques au développement. Il y a des milliers d'associations qui portent des projets, le plus souvent déconnectés des aides officielles. Dans une logique de coopération internationale, nous travaillerons à une meilleure collaboration avec les associations françaises issues de l'immigration tant pour leurs actions locales d'intégration que pour leurs projets de développement dans leurs pays d'origine.
La région peut ainsi contribuer à la mise en place d’écofilières solidaires, comme pour le textile, du coton malien aux ateliers bretons. Elle peut aussi encourager les transferts de technologies et d’expertise dans les deux sens. Enfin, après l'échec de Copenhague, nous pensons que la région doit placer parmi les critères prioritaires pour ses projets de coopération internationale, les urgences climatiques, environnementales et sociales des pays du sud, et soutenir en conséquence des projets locaux qui s'engagent dans la protection des ressources naturelles et de la biodiversité.
Nous proposons que la région joue un rôle de coordinateur entre les nombreuses associations locales, les institutions comme l’Union européenne et le ministère de la coopération, et les destinataires de l’aide au développement, pour mettre en cohérence et rendre plus efficace les canaux de la coopération.
11. un Pacte social de solidarité pour la tranquillité publique
Vivre mieux et vivre ensemble, c’est vivre en toute liberté dans le respect et la confiance mutuelle. Bruits, incivilités, dégradations des logements et des espaces publics, développement d’une économie parallèle basée sur la drogue... l’accumulation de ces maux urbains génère une « malvie » qui débouche souvent sur la peur de l’autre, du voisin, de l’étranger qu’on côtoie mais ne voit pas.
Parallèlement, au prétexte de la lutte contre l'immigration, la délinquance ou la toxicomanie, la multiplication des délits (infractions à la législation sur les étrangers, usage de cannabis, regroupement de jeunes dans les immeubles, incivilités etc) condamnent de plus en plus de citoyennes à l'exclusion (fichage systématique, comparutions immédiate et peines plancher démultipliant le nombre des incarcérations...) et à l’insécurité qui en découle.
Les écologistes reconnaissent le sentiment d’insécurité, et s’engagent à garantir la sécurité de tous et de toutes, mais refusent de tomber dans une stratégie du « tout sécuritaire ». Le respect des libertés individuelles et publiques est un principe fondamental et indépassable dans lequel doit s’inscrire la sécurité. Cette politique globale repose sur cinq piliers : la prévention, la dissuasion, la médiation, la sanction et la réinsertion. Si l'un des piliers manque, tout est déréglé et les libertés sont menacées.
Pour la définition et la mise en œuvre de ce Pacte de solidarité, nous proposons la convocation de Tables Rondes régionales, espace de rencontre et de dialogue entre associations de quartier, travailleurs sociaux, formateurs et enseignants, entrepreneurs locaux, représentants de l’autorité publique, etc.
Il s’agit de répondre aux inquiétudes légitimes et au sentiment d’insécurité sans le recours aux solutions répressives et liberticides comme la vidéosurveillance ; de renforcer la solidarité et la coopération entre les générations ; de répondre à la détresse et aux impasses d’une jeunesse privée d’horizon ; et de remettre la solidarité et le vivreensemble au cœur du lien social.
Il s’agit enfin d’étendre l’exigence de sécurité aux personnes qui en ont le plus besoin et qui ne sont jamais protégées par les politiques actuelles de sécurité : personnes sans domicile, sans papiers, transgenres, prostituées, usageres de drogues, gens du voyage... La sécurité est un droit commun exigible par tous et toutes. La Région devra s’y employer par un renforcement de politiques de concertation et d’accès au droits.
12. un Agenda Mieux-Vivre pour la qualité de vie en régions
Les pratiques culturelles, artistiques, sportives, et les activités de loisirs, contribuent à l’émancipation et à l’épanouissement de chacun et de chacune. Elles s’inscrivent dans une économie qui leur est propre, et notamment constituent un vecteur d’emploi très important et souvent méconnu. La région doit soutenir les démarches à dimension solidaire, indépendante des grands groupes et lobbies de distribution des œuvres ou de financement du sport, dans une logique d’utilité sociale et de répartition territoriale équitable sur le territoire.
Nous soutiendrons la création, les pratiques artistiques et sportives pour tous et toutes, les initiatives transversales autour de l’éducation populaire, notamment en matière de diffusion des œuvres et des pratiques mais aussi de formation professionnelle, de soutien à l’emploi des personnels encadrant, de structures et d’équipements publics, associatifs et coopératifs permettant d’accueillir ces activités.
L’objectif est d’accompagner ces secteurs vers une réelle autonomie économique, à travers la mise en valeur des circuits courts de diffusion, un financement solidaire et la mutualisation des recherches de financement.
Rendre la politique aux citoyennes
Nous sommes conscientes que ce grand dessein ne sera rien sans l'implication de tous et de toutes. Bien sûr, pour apporter son soutien à ce projet au moment du vote et permettre ainsi que celuici soit porté au sein de l'institution régionale par une représentation écologiste nombreuse. Mais aussi, pour se mobiliser au quotidien, car il n'y aura de véritable changement que si la société s'en empare, que si chaque habitante du territoire national en toute conscience, décide de devenir acteurtrice de cette transformation nécessaire.
Nous voulons que la Région soit enfin une puissance publique porteuse d’espoir, actrice d’un véritable projet civilisationnel.
A la tête de cette puissance publique, nous vous proposons d’installer une présidence écologiste, collégiale et ambitieuse. Ecologiste, parce que face à un modèle épuisé qui ne produit plus que du chômage et de la pollution, il est temps d’engager la transformation écologique de nos façons de produire, de travailler, de consommer – de vivre. Collégiale, parce que c’est une équipe qui se présente ; une équipe composée de femmes et d’hommes reconnus pour leurs combats et pour leur action. Ambitieuse, enfin, parce que nous ne voulons pas nous contenter de gérer la région – nous voulons changer les choses.
Au cœur du projet écologiste se trouvent la démocratie et la conviction profonde que le bien commun repose sur la justice sociale au quotidien, l’éthique et la transparence, la solidarité entre tous les âges et toutes les conditions et la recherche de l’émancipation et de l’autonomie pour chaque individu.
La puissance publique doit intervenir (régulation, appui, contrainte) mais elle ne peut rien sans la mobilisation générale face aux défis et à l'urgence, sans l’appel aux citoyennes, aux forces vives de ses territoires, et en particulier les entreprises. Que ce soit dans la lutte contre la précarité et le chômage, dans l’organisation des services publics ou dans l’amélioration du cadre de vie, il est essentiel que les citoyen-ne-s soient associées en proximité à la définition des orientations, au repérage des dysfonctionnements, à la recherche des solutions. Il ne s’agit pas de superposer à la bureaucratie un vernis de « démocratie participative », mais de faire de la gestion citoyenne le principe même de l’action publique.
Remettre le bien commun au cœur des politiques publiques. Rendre la politique aux citoyennes. C’est bien d’un changement radical de nos habitudes politiques qu’il s’agit. Et d’inventer la démocratie pour notre temps !




































De l'espoir enfin!
J'attends les victoires d'Europe-Ecologie dans le même état d'esprit qu'en mai 81, époque où le PS voulait changer la vie.
Bien qu'étant encore adhérent PS, je voterai pour Europe-Ecologie au premier tour sans avoir le sentiment de me renier ni de trahir.
Bien cordialement.
Bruno BEZ